Jury & Présentateur

Maître de Cérémonie

Sylvain Tesson

Contre l’esprit de sérieux

Les aventuriers ne sont pas sérieux. Ils ne ressemblent pas à l’époque ! Ils ne tirent pas des mines d’enterrement, ils n’affichent pas de tristes figures, ils ne font pas de discours, ils n’ont pas à la bouche les mots « sécurité ! », « modération !» Cela nous repose des experts, des analystes, des hommes politiques, des penseurs et des spécialistes, ces cafards !

Les aventuriers ont des rêves d’enfants. Ils les accomplissent avec des moyens d’adulte. Ils vivent diablement. Parfois, ils meurent. Ils grimpent les montagnes, sautent dans le vide, plongent dans les mers, traversent les jungles. Ils ne théorisent pas, ils agissent. Ils ne tiennent pas en place. Ils vont voir. Des gosses ! vous dis-je. Quelle joie ! Quelle fête ! Car nous sommes lassés des ecclésiastiques laïcs, des modérateurs sinistres, des donneurs de leçons.

Maurice Leblanc, dans son roman L’Aiguille creuse (paru en 1909), brosse un merveilleux portrait d’Arsène Lupin. Le « gentleman cambrioleur » affecte une « gaminerie de geste et d’accent ». Il est gai, il veut s’amuser, il aime la vie, il se fiche des conventions. En outre, il est tiré à quatre épingles. Et Maurice Leblanc nous apprend un mot merveilleux pour exprimer cet appétit des choses : il écrit qu’Arsène Lupin possède « le primesaut ». Voilà le synonyme de l’aventure : « le primesaut ».

C’est le printemps de l’action, la jeunesse de la vie, l’amour du monde. Avoir le primesaut c’est prendre des risques, courir la Terre, saluer la nature, faire des choses inutiles, contempler le ciel, épuiser son corps, se dépasser inconsidérément, tirer la langue au conformisme et ne surtout pas respecter les doses prescrites.

Val d’Isère, tout le monde aime Arsène Lupin.

Aventure et primesaut !

Président du Jury

Patrick Poivre d'Arvor

Personnage incontournable du paysage audiovisuel français, il fut pendant plus de vingt ans le roi du Journal télévisé de TF1. Aujourd’hui, il se consacre principalement à sa passion première : l’écriture.

Journaliste et écrivain, Patrick Poivre d’Arvor présente son premier JT en 1975 et deviendra pendant près de 30 ans le présentateur le plus regardé de France. Passionné de littérature, il a écrit une soixantaine de livres depuis “Les Enfants de l’aube” rédigé à l’âge de 17 ans.

Il a notamment obtenu le prix Interallié pour “L’Irrésolu en 2000 (Albin Michel) et le prix Maurice Genevoix pour “La Mort de Don Juan” en 2004 (Albin Michel).

Patrick Poivre d’Arvor a inspiré la création, en 1988, du personnage de PPD, la marionnette centrale de l’émission de Canal+ Les Guignols de l’info.

Il est très souvent connu par ses initiales, PPDA.