Jury & Présentateur

Maître de Cérémonie

Sylvain Tesson

Sylvain Tesson, membre des Écrivains de Marine présente le Festival depuis 2005. Il a raconté ses aventures dans une vingtaine de livres, notamment dans L’axe du loup (Robert Laffont), Petit Traité sur l’immensité du monde (Éditions des Équateurs), Bérézina (Éditions Guérin) . Il aime les chats. La preuve : il a écrit dernièrement La Panthère des Neiges (Éditions Gallimard, prix Renaudot 2019).

La promenade de Königsberg

Au fil des années, je me suis aperçu que le Festival de l’Aventure de Val d’Isère devenait pour moi la seule date fixe de mon calendrier. Le président Poivre d’Arvor qui écrit des livres de l’intranquillité ainsi que tous les voyageurs qui se succèdent sur la scène du Centre des Congrès depuis 24 ans, me comprendront. À quoi riment nos vies hâtives ? Nous larguons les amarres, nous vivons dans nos sacs, nous passons des cols, au gré des vents, nous courons après le temps. Et nos existences nous glissent entre les doigts comme une écoute de trinquette par temps humide (c’est-à-dire britannique). Les années filent, les kilomètres aussi, nous ne parvenons pas à choisir entre « l’arrêt et le mouvement » comme le déplorait Joseph Kessel dans son jeune âge.

Et pourtant, aux Pâques chrétiennes, comme une résurrection, nous retrouvons Val d’Isère pour célébrer l’aventure. Ce rendez-vous a fini par constituer mon seul point de repère dans la navigation de l’année. « Un point remarquable » diraient les marins. Le philosophe Emmanuel Kant faisait chaque jour à trois heures de l’après-midi une promenade dans sa ville de Kaliningrad (qui s’appelait alors Königsberg). Il ne dérogea jamais à ce rituel, il organisait sa journée autour de cette sortie. Elle était si régulière que les voisins de son quartier réglaient leurs montres au passage du maître. Ainsi du festival. Non que je veuille me comparer à l’auteur de la Critique de la raison pure (qu’on lit de moins en moins dans les refuges d’altitude). Je veux dire qu’après les réjouissances du festival de Val d’Isère, les uns et les autres repartent nomadiser dans les confins : les voyageurs voyagent, les aventuriers s’aventurent, les montagnards escaladent et les marins naviguent. Ils ne savent pas de quoi leur année sera faite. Ils saisiront les occasions, ils connaitront des joies, ils subiront des peines.

La seule chose fixe pour ces cœurs aventureux, c’est que nous nous retrouverons ici, dans un an, au pied des pistes, pour regarder les films de leurs exploits. Ces retrouvailles seront notre promenade de Königsberg. Et nous sommes heureux qu’existe cette pulsation stable, ce battement régulier, ce rendez-vous fidèle. Simone Weil dans La pesanteur et la Grâce (on dirait le titre d’un manuel de Free Ride) savait que la grande question de la vie était de « prendre le sentiment d’être chez soi dans l’exil ». Val d’Isère y aide.

S.T.

Président du Jury

Patrick Poivre d'Arvor

Personnage incontournable du paysage audiovisuel français, il fut pendant plus de vingt ans le roi du Journal télévisé de TF1. Aujourd’hui, il se consacre principalement à sa passion première : l’écriture.

Journaliste et écrivain, Patrick Poivre d’Arvor présente son premier JT en 1975 et deviendra pendant près de 30 ans le présentateur le plus regardé de France. Passionné de littérature, il a écrit une soixantaine de livres depuis “Les Enfants de l’aube” rédigé à l’âge de 17 ans.

Il a notamment obtenu le prix Interallié pour “L’Irrésolu en 2000 (Albin Michel) et le prix Maurice Genevoix pour “La Mort de Don Juan” en 2004 (Albin Michel).

Patrick Poivre d’Arvor a inspiré la création, en 1988, du personnage de PPD, la marionnette centrale de l’émission de Canal+ Les Guignols de l’info.

Il est très souvent connu par ses initiales, PPDA.

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